Le maintien ferme, la bacchante altière, la canitie imperceptiblement bousculée par les fraîches caresses d’alizés se faisant parfois mutins (Eole, respectueux de l’étiquette, sait épargner la toison des Grands Hommes) il s’en est allé, fort, droit et désormais lointain.
Avant d’évoquer –ne soyons pas trop morbides- que la Patrie reconnaissante lui offrira sûrement un jour de jouer d’éternelles belotes avec Voltaire, Hugo et Zola, penchons-nous sur l’Histoire.
Que retiendra-t-elle ?
Rien, probablement. Elle a d’autres greffiers à cravacher, l’Histoire.
L’histoire en revanche, la petite, avant que de se laisser aller à glisser vers le doux confort de l’oubli, se rappellera peut-être l’homme de dialogue et d’ouverture autoproclamé, l’arrogance et le dédain affichés sans grande retenue, la satisfaction d’être soi, la négation systématique de réalités objectives et surtout objectivement alarmantes, les décisions arbitraires et la dialectique parfois approximative.
Désormais imprégné des enchanteresses fragrances de l’ylang et appelé à de hautes et nobles fonctions, nous souhaitons d’ores et déjà bon courage à ses subordonnés.
S’il est vrai que les Grands Hommes déjà évoqués ont souvent donné leur nom à des rues alors il prêtera sans doute le sien à une impasse.
Le dialogue et l’ouverture maintes fois vantés par lui-même n’auront été que poudre aux yeux. Les personnels en ont souvent pâti. Gageons (et espérons) que son successeur aura à cœur de changer de méthode.
Le destin n’étant pas avare d’ironie, il se dit qu’il sévira désormais en tant que médiateur (ne riez pas tout de suite !) entre Administration et Syndicats… Bien entendu, en phénoménologues sartriens que nous sommes tous à nos heures perdues, pastichant le Maître et disant que « l’expérience précède l’essence », l’on présuppose sans craindre de beaucoup se tromper qu’il sera à la médiation ce que le surimi est à la langouste mais on le dit uniquement parce que, parfois, il nous plaît d’être mauvaise(s) langue(s). D’autres voix murmurent qu’il sera affecté au Ministère de l’Outre-mer : ce sont la biguine, le zouk, le maloya et le m’rengué qui vont en sortir grandis !
Quoiqu’il en soit, nos chemins de vie professionnels se séparent ici. Pour notre part, c’est sans regret.
Les usages ainsi que la plus élémentaire des courtoisies nous dictent cependant de souhaiter bon vent à M. Jean-Claude Cirioni.
Arnaud STEPHAN
Secrétaire Académique de SUD Mayotte





